Le capitalisme…

Alain Badiou
On peut situer la naissance du capitalisme (du moins le pré-capitalisme) au XIIème siècle et la rupture de François d’Assise qui refuse la révolution marchande qui se substitue à l’économie de subsistance et de troc. L’argent devenant la valeur absolue de toute chose.
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« Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons » — Lénine
« C’est le profit qui les mène, même si cela nous (la Chine) renforce et nous permettra de les vaincre »
Donc les capitalistes, les libéraux de l’économie sont au mieux des crétins et au pire des traîtres.
Si on peut considérer que le capitalisme a permis, dans un cadre national où les conditions sociales et fiscales étaient identiques,
une certaine émulation positive sur le plan économique et social :
Ne soyons pas naïfs pour autant, s’il fut un élément positif de développement pendant les 30 glorieuses, ce n’est pas uniquement grâce
à son essence, mais à la conjugaison de plusieurs facteurs dont l’essentiel fut les luttes du monde du travail pour imposer de nouveaux droits
et une plus juste répartition des fruits de la croissance. N’oublions pas aussi, avec lucidité, que cette croissance fut la résultante du pillage
d’une partie des ressources naturelles des colonies.
Sa version mondialisée avec des dérégulations sociales et fiscales et ses conséquences désastreuses sur l’environnement induites est en passe
de devenir un fléau destructurant des sociétés avec un nivellement des conditions de vie par le bas. Voir le rapport de l’OXFAM sur l’accroissement
des inégalités de revenus et de patrimoine.
Ce qui change, c'est que d'un capitalisme industriel national créateur d'emplois et de richesses, on est passé avec la mondialisation à un capitalisme
spéculateur, délocalisateur et d’évasion fiscale vers les paradis fiscaux, échappant ainsi à la fiscalité redistributrice des pays développés socialement.
À cela s’ajoute les évolutions des technologies de l’information induisant une rareté du travail…
On est bien loin des discours des tenants du libéralisme économique qui nous proposent de travailler plus et d’accepter continuellement une baisse
de nos droits sociaux…